La Promesse des ténèbres
Par Ellaszandra • 15 août, 2009 • Catégorie: Lecture, Mimesis •
Auteur : Maxime Chattam
Sortie en Mai 2009
Editions Albin Michel
Résumé (source MaximeChattam.com)
New-York, hiver 2000. La vie de Brady O’Donnel, journaliste indépendant, bascule le jour où il accepte de rencontrer une starlette de films X. Mais la jeune femme se tire une balle en pleine tête devant lui après avoir murmuré d’étranges mots. Brady s’enfuit. Sa femme, Annabel, flic à Brooklyn, se voit confier l’enquête sur ce qui pourrait être un homicide déguisé. Commence alors une course poursuite vers la vérité, une enquête qui va disséquer l’Homme dans ce qu’il a de plus primitif…
Mon Avis :
Comment fuir le Mal qui nous habite ?
La promesse des ténèbres est un roman qui vient éclaircir la mystérieuse disparition de Brady O’Donnel, compagnon d’Annabel. Cette dernière apparaît dans le livre 2 de la Trilogie du Mal de Chattam, In Tenebris. C’est donc une histoire qui se place juste avant.
Que s’est-il passé ? Où est Brady ? Brady va être confronté à une affaire qui va le détruire petit à petit. Journaliste, il va en effet enquêter sur le monde du porno trash et va ainsi s’enfoncer dans les ténèbres de la jouissance, découvrir jusques à quelles immondices l’Homme peut aller et peut recourir pour éprouver du plaisir. En quête de vérité d’abord c’est un sentiment de culpabilité puis de justice qui va dynamiser la course de Brady. Nous le suivons ainsi dans son aveugle et naïve recherche de rédemption de l’humanité : mentir à sa femme flic, préserver son couple, affronter les “démons”.
Maxime Chattam revient dans un genre que j’apprécie particulièrement davantage que ces récents romans : le thriller, la psychologie, remuer dans les bas-fonds les plus reculés de l’âme humaine et en extraire une substance effrayante. Le lecteur a peur, est dégoûté mais est avide de savoir ce qui va se passer.
Les descriptions que Chattam fait des scènes des films trashs sont à la fois osées mais retenues, il joue sur notre imagination et nous rend voyeurs, voire complices de ce que nous sommes en train de lire, finalement on se métamorphose en Brady et on a la haine autant qu’on est intrigués.
La diégèse narrative va crescendo dans la descente aux ténèbres que Brady embrasse du bout des lèvres parce qu’il veut connaître pourquoi, et de facto, nous aussi. Sa quête se fait en parallèle à l’enquête de sa femme. Nous voyons ainsi les deux aspects du métier de “chercheur de vérité”.
Comme dans tous romans de Chattam, il y a énormément d’éléments réalistes qui structurent le roman comme la présence du peuples-taupe (des sans-abris qui auraient élu domicile dans les égouts de New York et se seraient civilisé à nouveau, recréé leurs langages, leurs sociétés).
Le plus dérangeant bien sûr c’est qu’on sait que ce qu’on lit existe. Ce livre m’a perturbé et m’a hypnotisé, je l’ai lu avec plaisir mais j’ai ressenti beaucoup de dégoût. J’ai été avide de connaître la fin et une fois terminée j’ai été triste et blessée.
Un livre palpitant et dévorant !
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vive Maxime Chattam pour ce genre de récit.
comme tu dis hypnotisant, on aimerait tordre le cou de ce Mal mais comment ?
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