Les cartes prédisent…..
Par Shazou • 20 avr, 2008 • Catégorie: Ecriture, Histoire •C’était il y a bien longtemps, à l’époque je n’étais qu’une adolescente. Le monde était en parfait équilibre. Mais depuis quelques temps, une prophétie se murmurait. Le mal allait prendre le contrôle sur le royaume de Celexa. On la surnommait, la prophétie lunaire. Une vague de froid allait s’abattre sur nous, laissant le destin de notre monde aux mains de ceux qu’on appelait les Fauves.
J’étais une Nilienne, descendante du Roi Canah, maître de l’astrologie. Mon père se partageait le pouvoir aux côtés de la Reine Leonis, représentante du monde de l’incroyable. Elle était suppléé par un grand magicien, ermite égaré dont l’intelligence allait de pair avec son habileté à la magie. Nous vivions tous en parfaite harmonie, jusqu’au jour où elle arriva. Une jeune fille se présenta au château, nue, un vase à la main. La reine Léonis et mon père la reçurent aussitôt, l’air apeuré.
Curieuse, je me faufilai doucement afin d’assister à sa requête. La salle des complaintes était étonnamment vide, mais j’entendis du bruit dans celle des incantations.
« J’ai vu le corbeau », déclara la jeune fille.
« La prophétie aura bien lieu, ne vous en déplaise. Ce vase en est la preuve, il n’ya plus de couleurs. »
J’entendis alors mon père émettre un cri d’effroi. La reine Leonis s’adressa alors à celui-ci : « N’ayez crainte. Nous n’avons jamais rien fait qui puisse enclencher la colère céleste. Cette prophétie n’est qu’un mensonge. », se persuada-t-elle de toutes ses forces.
« Et si elle avait bien lieu ? » se risqua mon père.
La jeune fille se tourna alors vers lui et lui murmura : « Vous savez ce que vous avez fait. Vous avez transgressé la règle. Payez-en le prix. »
S’inclinant à ses pieds, elle pencha le vase d’où se déversa une quantité infinie d’eau qui encercla mon père.
« Voyez madame, comme votre allié vous a trahi. » déclara-t-elle calmement.
« Voici le puit de la Géhenne, le passage par lequel seul le Diable peut passer. Ce puit est rempli d’eau au contact du Roi. Il l’a donc ouvert et pactisé avec le Malin. Je viens vous punir. Tous. »
Tandis que je m’éloignai, je fus prise d’une vision infâme. Je vis apparaître sous mes yeux, une horrible créature, mi-bête mi-femme s’échapper du puit. Elle tenait dans ses mains, notre équilibre, de la main droite le soleil et de la gauche la lune. Ce qui me frappa fut l’étoile gravée sur son front. Tout alors devînt clair dans mon esprit. La prophétie lunaire, le châtiment céleste, la messagère de l’eau et le fléau des étoiles.
Au même moment, toute chaleur dans mon corps s’évapora. Je ne ressentis que le froid. Je courus à la fenêtre de ma chambre pour observer le ciel. Quel spectacle ! Il n’y avait plus aucune étoile, et la lune souriait malicieusement tandis que saignait le soleil. Des gouttes de sang or perlaient sur la cité.
La terre se mît à trembler et le château se brisa en deux. Un vent glacial nous arracha au dernier souffle de l’étoile de feu. J’entendis mon père supplier comme il ne l’avait jamais fait.
« Je vous en prie, pardonnez moi. Je l’ai fait par amour ! Comprenez », s’égosillait-il.
- « Vous nous avez condamné, ignorant ! Traître !
- Elle allait mourir. Pitié, je voulais lui sauver la vie…. C’était quand même ma fille !! »
Mon père éclata en sanglot. La reine s’approcha alors de lui et lui murmura quelques paroles qui eurent l’air de le soulager.
« Très bien, essayons d’arranger la situation. Tout n’est pas perdu » déclara-t-elle avec force.
- « Nous devons agir avant le Bourreau.
- Mais quelle forme prendra-t-il ?
- Je l’ignore. Magicien, toi qui sait tout. Vois si tu ne peux appeler le passeur. Passe donc un compromis avec lui.
- Madame, ceci est très noble de votre part mais…..
- Fais-le. Essayons du moins ! »
Elle s’arrêta brusquement. Elle avait ressenti quelque chose d’étrange dans son corps, une forme de vie. Elle observa le Roi Canah et dit :
- « Mon ami, l’as-tu ressenti aussi ?
- Hélas, je crains que oui.
- Je…. »
Mon père se mît alors à crier de toutes ses forces, son corps se déchira en deux, accouchant d’un chien au regard vif et à la queue d’or. Le chien céleste, l’un des Fauves. La bataille finale allait commencer et la Reine allait bientôt connaître le même destin. Il ne restait plus que le bourreau. Quant à moi, je ne voulais pas rester là sans rien faire et entrai aussitôt dans la pièce. A cet instant, la messagère qui était restée silencieuse, vînt à ma rencontre.
« Tu es la cause de tout cela mais en même temps, la clé, je le vois. Tu es différente. Qui était ta mère ? », demanda-t-elle, intriguée.
Je la regardai droit dans les yeux et répondît avec fierté :
- « C’était la garante de l’équilibre des cités, la croix divine, la reine des infortunés.
- La Papesse », souffla-t-elle alors, admirative.
- « Cela change toute la donne, vous avez de la chance, pauvres fous. Voyez »
Alors, elle entama le même procédé qu’avec mon père, le vase, l’eau. A cet instant, apparurent huit constellations autour de moi. « Il faut absolument que tu ailles rencontrer le bourreau. Tu peux arrêter tout cela avant qu’il ne soit trop tard. Va le retrouver avant qu’il n’arrive dans ce monde » Je n’y comprenais rien. Que voulait-elle dire ? Qu’étaient-ce que ces planètes ? Soudain, un rire aigu se fit entendre. Le passeur était déjà là.
« Oyey, héhé. Oyez, m’entendez ? Hé, moi je suis un Fou, ne fais que passer. J’ai des ordres, ça fait désordre, ha ha !! Descendez… », clama-t-il sur un ton badin.
« Le soleil se disperse
Et la lune est perverse
Lequel de vous a pêché
Bonne prise qu’un crustacé.. »
Il chantait cet air à tue-tête. Le magicien s’affaira alors à de nombreux préparatifs. « Donnez-moi votre main, vite », me pressa-t-il. Il prit un coutelas, une coupe et une pièce astrale représentant le symbole de la papauté. Je ne me fis pas prier et lui proposait ma main gauche. Il me coupa délicatement la pauma de la main et fit verser mon sang dans la coupe, tout en plaçant la pièce comme une sorte de filtre.
« Maintenant, buvez, vite !! » cria-t-il. Il dirigea alors son regard vers sa maîtresse et s’affala sur le sol. Le vieillard se mît à murmurer « Trop tard » sans arrêt. Je dirigeai alors mon regard vers la reine et découvrit une lionne à la crinière argentée près de mon père ou plutôt du chien.
La jeune fille se dirigea vers moi et constata : « Ecoutez les paroles du pendu. Crustacé…. Il s’agit de la forme du bourreau. Votre devoir est maintenant de faire face à votre destin. Le combat aura bien lieu. Vous êtes le seul espoir de votre monde, vos armes seront les Fauves et votre allié, le Magicien. Son arme sera le Fou, et son allié : ce sera moi. Je ne peux y réchapper. »
J’étais pétrifiée mais j’avais l’impression d’avoir attendu ce jour toute ma vie. Je me lançai donc vers le lieu fatidique, encadrée de mes animaux et soutenu par un ermite. Nous atteignîmes la cour du palais d’où se détachait la plus grande fontaine du royaume. Un crabe en sortît aussitôt. Il se posta près du passeur. La jeune fille alla à la rencontre de celui-ci. Il déposa son baluchon et en sortit une corde qu’il lança à la messagère
. Elle fût aussitôt métamorphosée en un chat d’un pelage aussi blond que le blé.
Le passeur se mît alors à chanter :
« Le crustacé est arrivé
Oyez Oyez âmes damnées
Le combat va commencer
Elle est en route la destinée.. »
Je priai le ciel et me dirigeai vers mon destin.
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